Ciel étoile du désert

Loïc Le Ribault, mort d’un chercheur

Films et documentaires Le silicium Le silicium organique G5

Christian Cotten, 30 juin 2007

Loïc Le Ribault, co-fondateur du laboratoire irlandais LLR-G5 Ltd créateur du Silicium Organique G5, est mort le 7 juin dernier, à l’âge de 60 ans. Toute notre équipe et moi-même nous joignons à Luc Vérardo et à Jean-Yves Billien, dont nous publions ci-dessous les messages d’adieu, pour souhaiter à Loïc Le Ribault un beau voyage vers le pardon, la lumière et la paix.

Loïc Le Ribault nous a quitté dans la nuit du 6 au 7 juin 2007

Luc Vérardo, co-fondateur du laboratoire LLR G5 Ltd

Castlebar, 10 juin 2007

Loïc était un ami de plus de 20 ans, son départ laisse un grand vide.

Ensemble nous avons vécu d’innombrables et incroyables aventures qui avaient tressé entre nous des liens très forts.

Il était brillant et d’un esprit très vif, sa personnalité dense, parfois excessive en faisait un être à part et très attachant.

Il possédait ce charisme intense qui attire à lui admiration et respect.

Il revendiquait avec fierté ses racines bretonnes et son « caractère de cochon » qui en fait n’était là que pour camoufler un coeur et une âme d’enfant, parfois un peu coléreux il est vrai, mais plus souvent généreux et naïf.

Il voulait qu’on l’aime à tout prix et malgré les milliers de personnes qui l’adulaient, il était très seul, et toute l’ardeur qu’il a mis dans tous ses combats n’a toujours été là que pour dissimiler sa fragilité.

Maintenant j’espère qu’il a trouvé la paix, son histoire devenue de son vivant aussi forte qu’une légende ne fera qu’inspirer ses suiveurs dans une quête de vérité.

Toute l’équipe de LLR G5 Ltd et ses amis d’Irlande (Marie, John, Gerry, Ted…) et tous les autres car la liste serait longue, se joignent à moi pour souhaiter au marin qu’il était bon voyage et bon vent.

Nous ne t’oublierons pas, nous nous reverrons.

Que dans ton autre vie tu puisses trouver tout le bonheur, la joie et l’amour qui t’ont manqué dans celle-ci.

Luc Vérardo, LLR G5 Ltd

Loic Le Ribault est mort. Il venait d’avoir 60 ans.

Jean-Yves Bilien

Réalisateur avec Pantxo Arretz du film Mandat d’Arrêt contre un chercheur

10 juin 2007

Jeudi 7 Juin à 14 h je reçois un message d’un ami journaliste qui m’apprend que Loïc est décédé. Je suis ému, profondément touché et triste. La rumeur disait qu’il était malade. Je n’avais plus de ses nouvelles depuis deux ans. J’aurais aimé l’aider… le revoir avant qu’il ne nous quitte. Loïc n’était pas un personnage simple, c’était un homme aux multiples facettes, aux multiples talents…

Loïc est décédé à 00 h 01 à l’hôpital Arthur Gardiner de Dinard dans la nuit du mercredi 6 au 7 juin 2007 d’un cancer de la langue. Il est arrivé trois jours plus tôt dans un état désespérant, il ne pouvait plus s’alimenter, ni parler. Le diagnostic du médecin est sans nuances : il est en phase terminale de cette maladie.

Il vivait depuis début Mai au Grand Hôtel de Dinard.

Le prisonnier des geôles françaises et suisses est mort. L’As du microscope électronique est parti dans l’infiniment petit en plongeant au cœur d’un grain de sable. Ce professeur Tournesol des sables… ces sables qu’il a tellement scrutés, analysés, disséqués.

Mort de colère, de haine, de tristesse, de solitude, de conflits, de procès, de cigarettes et d’alcools, voilà un savant cocktail qui détruit les plus robustes systèmes immunitaires.

Loïc le guerrier, combattant les institutions, l’ennemi des laboratoires pharmaceutiques. Loïc le Ribault écrasé dans un système où la pieuvre argent et le pouvoir des différents lobbies tuent les plus téméraires. Dans ce monde aujourd’hui où l’être humain n’est plus qu’un consommateur, avalant de la mort à chaque bouchée, à chaque respiration. Ce monde décapité de son but, de ses joies et de ses beautés par des vendeurs de vide. Dans ce monde Loïc ne pouvait être qu’un OVNI et un dissident.

Ma première rencontre avec Loïc se passa en Irlande. J’étais venu lui proposer de faire un documentaire sur ses travaux et son histoire, je n’avais à ce moment là pas un sou pour faire ce film… le soir de notre première journée il me fit un premier chèque de 15 000 euros… Il fonctionnait comme cela, à l’instinct et à la confiance.

Durant les deux ans où nous avons travaillé ensemble pour faire ce documentaire que j’ai réalisé avec Pantxo Arretz, ce ne fut pas de tout repos… j’en ai bavé.

Le personnage était à la hauteur de sa réputation : autoritaire, volontaire, généreux, capricieux, curieux, observateur et sacrément menteur.

Il ne faisait pas dans la dentelle, il voulait prendre de face et en force ses opposants, tel un Jacques Benveniste, (ce nom vous dit quelque chose ! ), décédé le 3 Octobre 2004.

Il réussissait même le tour de force de se mettre à dos les plus fidèles alliés de ses combats. Il était d’une maladresse naïve avec les gens. Vous l’aurez compris, ce n’était pas le plus grand exemple de lécheur de bottes qu’ait connu le monde scientifique.

« Je garderai comme dernière image de Loïc, le jour où il m’accueillit avec un grand sourire dans la prison de Champ-Dollon à Genève ; on aurait pu croire qu’il était le directeur du pénitencier… il n’en était qu’un locataire. »

Je t’embrasse. Je ne t’oublierai pas mon ami.

Paix à ton âme.

À propos de l'Auteur:

Psycho-sociologue de formation et très bon connaisseur des milieux professionnels de la santé, je m'autorise depuis nombre d'années à confronter les errances industrielles pharmaceutico-médicales et diffuse régulièrement nombre d'articles sur les questions de santé, dans une logique de réconciliation des médecines masculines et des médecines féminines, dites "naturelles" ou "douces", alternatives, de prévention et d'accompagnement des processus des médecines dominantes, parfois utiles ou indispensables, parfois si violentes dans leurs dérives.

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